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Que de progrès depuis "mes enfants ne sont pas comme les autres"! Denis Dercourt a su se défaire de sa déformation professionnelle de musicologue. Dans "La tourneuse de pages" la musique occupe juste la place qu'il faut, en arrière-fond et simplement au service d'une intrigue psychologique très dense, bien loin de tout envahir intempestivement comme c'était le cas dans le film précédent.
Déborah François est craquante en beauté sainte-Nitouche glacée, et le tandem Pascal Greggory/Catherine Frot compose très justement un couple de petite bourgeoisie active et contemporaine, illusoirement parfait. Tous les ingrédients sont réunis pour que la susdite Sainte-Nitouche trouve la faille et l'exploite... mais en ce domaine le suspense est impeccablement conduit jusqu'à la fin du film.
La caméra est parfaite, qui à tout instant filme sobrement le détail qu'il faut précisément montrer.
L'ambiance tient de Chabrol et d'Hitchcock, mais sans plagiat: la scène où, la musique aidant, Deborah François fait irrésistiblement penser à Kim Novak dans "Sueurs froides" est davantage un clin d'oeil habile et bienvenu qu'une grossière copie. On peut féliciter Denis Dercourt de s'être ici hissé au niveau de ces deux maîtres, sans imitation servile et en en renouvelant la thématique de manière heureuse.
Notation : [5 étoiles sur 5 !] |
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